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Expositions passées

Sorties de réserves

Regards sur les collections du château
du 17 décembre 2010 au 27 février 2011
Château de Pau

Le Musée national du château de Pau entrouvre les portes de ses réserves pour présenter des œuvres inédites ou rarement exposées.

Cet accrochage est une invitation à voyager à travers les collections du musée national. Chefs d’œuvres de l'art ou objets plus modestes, ce sont près de cinquante œuvres s'échelonnant du XVIIe siècle aux années 1930, qui sont ainsi exposées. Tableaux, sculptures, dessins, mais aussi photographies, porcelaines, meubles, vêtements, cartes à jouer, lunette astronomique, autant d'objets souvent peu vus qui s'offrent pour quelques semaines au regard des visiteurs.

Organisé autour de trois grand thèmes - architecture, « culte » d'Henri IV, richesses de la collection Gramont -, cet accrochage rend perceptible la diversité des collections du château de Pau à la manière d'un cabinet de curiosité…

Commissaire

Bertrand Ducourau, Conservateur en chef au Musée national du château de Pau

Visiter l’exposition

› L'exposition est ouverte de 9h30 à 11h45 et de 14h à 17h15 (sauf les 25 décembre 2010 et 1er janvier 2011) - Fermeture hebdomadaire le mardi. Entrée gratuite.

› Visites commentées et animations sur rendez-vous au 05 59 82 38 02.

 Liste des œuvres exposées

 

 

 

Les textes dans les salles

Le château : un monument, une architecture

Souvent perçu comme un édifice médiéval ou renaissant, le château de Pau doit en fait beaucoup au 19e siècle, qui lui a donné l'essentiel de son aspect, ainsi que sa fonction patrimoniale et culturelle.

Créée à la Révolution, la notion de Patrimoine prend rapidement une ampleur croissante, devenant un enjeu non seulement culturel mais aussi politique. En 1840 est constituée la première liste des monuments classés -934 dans toute la France. Quatre seulement le sont dans le département des Basses-Pyrénées, dont le château de Pau.

La qualité de son architecture n'y est pas étrangère, mais c'est avant tout le lieu de mémoire politique qui est distingué, en tant que berceau du plus populaire des rois, qui plus est ancêtre direct de Louis-Philipe, alors roi.

Celui-ci donne une impulsion nouvelle à la restauration des grands châteaux royaux, qui sont en quelque sorte les vitrines de la monarchie.  Blois, Fontainebleau, Versailles, Saint-Germain-en-Laye, les Tuileries... et Pau, vont être remis au goût du jour.
Les architectes missionnés par l'État restaurent mais aussi embellissent le monument, parfois au détriment de sa réalité archéologique. Si cette démarche peut choquer aujourd'hui, elle était conforme à la pensée de l'époque, bien exprimée par Viollet-le-Duc : « Restaurer un édifice, ce n'est pas l'entretenir, le réparer ou le refaire, c'est le rétablir dans un état complet qui peut n'avoir jamais existé à un moment donné. »

Des travaux importants sont menés sous le règne de Louis-Philippe (1830-1848), qui fait aussi meubler le château, et y envoie les œuvres qui forment le noyau de sa collection. Mais c'est sous Napoléon III, de 1848 à 1870, que les travaux les plus substantiels sont réalisés.

Les architectes Lefranc et Abadie, Tétraz et Paccard, Couvrechef, Ancelet, Laffolye..., élaborent de multiples projets, tant pour les extérieurs que les intérieurs. Les projets rejetés -ils sont nombreux- permettent à d'autres d'être affinés et concrétisés. Le dessin d'architecte, outil technique mais aussi artistique, est alors à son âge d'or.

Tout au long du 20e siècle et en ce début du 21e siècle, les travaux se poursuivent, car un monument de l'ampleur du château de Pau est un chantier permanent. Mais, conformément à la déontologie d'aujourd'hui, les travaux s'appliquent à le restaurer et non plus à le rebâtir.

Les acquisitions du musée : pour la figure d’Henri IV, dans la diversité

Musée-château, musée d’art et d’histoire, monument et lieu de mémoire, le château de Pau est dominé par la figure populaire du roi Henri IV. Reconnu comme une page d’histoire essentielle, son règne et sa légende croisent également d’importants courants artistiques. À l’exaltation de la gloire royale par les peintres et sculpteurs de la deuxième École de Fontainebleau, dans les dernières années du XVIe siècle et la première décennie du XVIIe, succèderont les diverses strates de la peinture d’histoire qui, au siècle des Lumières, célèbre le plus aimé des héros nationaux et, au XIXe siècle, l’investit des sentiments et des nostalgies collectives, à travers les épisodes colorés du style troubadour ou les évocations vives ou sombres de la peinture romantique.

La politique d’acquisition du château de Pau est étroitement liée à son rôle de musée et cherche à informer tant l’histoire que la légende du Béarnais dans un double propos : historique et critique d’une part, esthétique et plastique de l’autre, dirigeant ses enrichissements vers toutes les formes d’expression artistique, de la peinture ancienne à l’art de l’affiche et ses caractères de modernité au XXe siècle. Des grandes réalisations picturales au petit objet revisité par une iconographie à caractère tour à tour passéiste, dramatique ou politique. Une attention toute particulière est portée à la genèse des œuvres, donnant tout son sens à la collection de dessins où se trouvent rassemblés études pour cartons de tapisserie, projets de monuments, maquettes de cartes à jouer etc.

À cet axe majeur s’agrègent d’autres préoccupations qui redéfinissent l’équilibre de la collection : art du paysage, dont le château de Pau, placé face aux Pyrénées, attire l’intérêt, histoire (parfois méconnue) de la restauration de ce monument, souvenirs historiques coexistant à celui d’Henri IV, représentations photographiques de l’environnement et de l’histoire, etc. Dans ces enrichissements, l’action croisée des conservateurs, de la Réunion des musées nationaux et des musées de France s’est élargie à celle de la Société des amis du château de Pau, donatrice d’un très grand nombre de pièces acquises par l’établissement, parmi lesquelles il faut mentionner l’essentiel de la collection d’estampes, qui compte quelque 4 500 pièces. Cette pluralité de points de vue et de techniques s’est établie dans la continuité d’un dialogue particulièrement fructueux, faisant de l’élargissement du patrimoine du château de Pau un véritable enjeu artistique et humaniste.

Richesses de la collection Gramont

Des siècles de célébrité

Protecteurs des pèlerins de la Route de Saint Jacques de Compostelle, les Gramont jouèrent dès le Moyen Age un rôle important. Etablis dans une série de châteaux dominant la vallée de la Bidouze, parmi lesquels se distingue celui de Bidache, ils réussirent à constituer une principauté souveraine aux confins de la Navarre, de la Gascogne et du Béarn.

Diane d'Andoins, dite Corisande, veuve du comte de Gramont, devint la maîtresse d'Henri de Navarre, le futur Henri IV, qu'elle rencontra au château de Pau. Gouverneurs de cette place depuis le début du XVIIe siècle, les Gramont, au service du roi de France, furent assidus à la cour et donnent à Louis XIV trois maréchaux. Ils possédaient plusieurs résidences à Paris (dont le fameux hôtel de Gramont, aujourd'hui le Ritz) et Versailles. Bidache, qu'ils continuèrent d'embellir, fut détruit en 1796. Passé l'épisode de l'émigration, les Gramont brillent dans la carrière des armes, mais aussi comme diplomates (tel Antoine X de Gramont, ministre des affaires étrangères sous Napoléon III) et même dans les lettres, les arts (Élisabeth de Clermont-Tonnerre, + 1954) et les sciences (Armand de Gramont, + 1962).

Redécouvrir une collection familiale

L'importante collection de portraits ayant trait aux Gramont et aux familles alliées s'est enrichie au cours des siècles, pour constituer un fonds d'environ 186 pièces (91 peintures mais aussi dessins et sculptures), du XVIe au XXe siècle, auquel s'agrègent quelques significatifs éléments de mobilier. Ce patrimoine était conservé au château de Vallière, spécialement construit en 1892 - 1894. Si beaucoup de toiles restent anonymes, la collection n'en comporte pas moins de très beaux portraits, comme celui de Marie-Christine de Noailles par François de Troy (vers 1705) ou du maréchal Louis X de Gramont (tué à la bataille de Fontenoy en 1745) avec ses fils (France, vers 1735). Les souvenirs revêtent souvent un caractère tout à la fois confidentiel et précieux : ainsi la production artistique méconnue d'un grand et talentueux dilettante, Alfred d'Orsay, surintendant des Beaux-Arts en 1849.

Déposée à la Ville de Bayonne en 1982, la collection Gramont est confiée par convention, depuis 1992, au Musée national du château de Pau. Elle y a fait l'objet de plusieurs campagnes de restauration et d'expositions temporaires. Beaucoup d'œuvres restent cependant mal connues du public et méritent par leur qualité autant que par leur cohérence un regard tout particulier.

Hommages à Henri IV

Je chante ce héros
Qui régna sur la France...

Alors qu'à partir de 1838, les travaux d'importance qui transforment le vieux château natal d'Henri IV à Pau manifestent l'attachement du roi Louis-Philippe à la figure de son ancêtre bourbon, la capitale béarnaise s'associe à cet hommage, en faisant ériger Place royale une grande statue en pied d'Henri IV, sculptée en marbre de Louvie par Nicolas-Bernard Raggi. L'inauguration solennelle a lieu le 27 août 1843, en présence du plus jeune des princes royaux, le duc de Montpensier, du duc Decazes et des corps constitués. Quelques mois plus tard, Louis-Philippe commande une peinture qui en perpétuera le souvenir.

Il s'adresse alors à Eugène Devéria, peintre parisien d'une belle notoriété, installé à Pau pour raisons de santé depuis 1841. La peinture récemment acquise par le musée national du château de Pau, est plus réduite que celle que Devéria présenta au Salon de 1846 et qui se trouve à présent à Versailles. Cette esquisse séduisante appartint aux collections duc de Montpensier lui-même. Le peintre a réalisé de nombreux dessins préparatoires pour cette œuvre. Le musée conserve ainsi les feuilles d'un carnet où figurent les portraits des nombreux notables, qui figurèrent au premier rang de cette solennité béarnaise (Le Mémorial béarnais).

D'une facture plus modeste, la peinture du tout jeune Henri-Pierre Poublan illustre à merveille le véritable culte voué en Béarn à la carapace de tortue, berceau légendaire d'Henri IV. Elle porte également un témoignage précieux sur le tout nouveau décor du salon de réception d'un château de Pau alors en pleine rénovation.

À travers ces deux peintures, dignitaires et gens du peuple - ici les habitants de la vallée d'Ossau aux costumes typiques et colorés -, communient dans une même célébration du roi Bourbon, tout en apportant une touche de pittoresque bienvenue.

 

 

De 9h30 à 11h45 et de 14h à 17h15 (sauf les 25 décembre 2010 et 1er janvier 2011)

Fermeture hebdomadaire le mardi

Gratuit

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Obtention du label "Jardin remarquable"

Le domaine du château de Pau classé "Jardin remarquable"