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Programmation culturelle

de février à mai 2019

Programmation culturelle

Programmation culturelle

Publié le 28 Janvier 2019
Retrouvez la programmation culturelle du musée et du domaine couvrant la période du 1er février au 31 mai 2019.

A feuilleter ce nouveau programme d'activités (le désormais bien célèbre "quadri"), on ne manquera pas de relever ce qui est presque une surprise: la belle présence, dans l'illustration, des oeuvres de Gérard Titus-Carmel et de leur poétique envoûtante. Il ne faut pas s'en étonner, car l'art contemporain, depuis de nombreuses années, réserve au vieux palais royal quelques apparitions remarquées; il faut cependant saluer l'exception, car cette présence originale dans un grand étalage d'art ancien ne trouble ni ne détonne, tant Gérard Titus-Carmel, artiste et poète humaniste, se trouve ici dans son élément, lui qui parle à l'âme et l'entretient avec élégance, avec érudition, et même une vraie familiarité. Son pas nous indique le chemin: celui qui passe par la maison Baylaucq, qui regarde tranquillement vers la demeure royale mais s'anime à la vue des montagnes; celui qui ascensionne aux degrés élevés du monument, où l'on vous parle des pouvoirs, leur croissance, leurs images, leurs déclins, leur mémoire, reconsidérés dans une brève mais dense exposition où les collections du château de Pau s'unissent à celles du Louvre, une rencontre qui s'impose à la vue comme à l'esprit.
Si nous revenons à la terre ferme, le paysage, ici, attire autant qu'il déroute: il élève davantage qu'il ne pèse, il s'ouvre aux grands espaces... et s'invite dans l'intimité d'une architecture toute en plis et en replis. Celle des princes en est ici pétrie, comme au donjon Gaston Fébus, massif et noble spectacle abritant les secrets d'un seigneur morfondu dans ses remords - le fort ouvrage de brique lui doit son nom, sa construction et son premier décor. L'ouverture du «Salon Bernadotte », au premier étage, et du couloir qui conduit à cet espace solennel, permet désormais au public de pénétrer dans tous ces secrets bien enveloppés de leur somptueuse parure aux armes du roi Soleil.
À tous ces mystères s'en ajoute un dernier, celui d'un patrimoine et d'un public entretenant depuis des temps immémoriaux un lien de curiosité et de séduction sans pareil, une fuite délicieuse vers les beaux horizons nourrie des grands et petits faits de l'histoire, portée par le geste d'artistes nombreux et divers. Ce geste brave, qui flamboie d'or et de gueule, et qui, comme chez Gérard Titus-Carmel, sans rien perdre de son éloquente vertu de discrétion, se fait sensible aux lumières des Pyrénées.

Paul Mironneau
Directeur du Musée national et domaine du château de Pau