Lustre du salon de réception

Lustre du salon de réception

Lustre du salon de réception

Céramiques et autres objets d'art
Partager
Matière et technique: 
Laiton doré et verni, cuivre doré, fer doré, céramique émaillée et verre coloré
Origine et date: 
France, vers 1840
Artiste(s): 
1790
1868

Dimensions :

1,75 m.
1,60 m

Etonnants objets que ces trois lustres monumentaux presque identiques, qui illuminent les deux salons du premier étage. Ils n’étaient pas prévus initialement pour le château de Pau, mais pour celui de Versailles, devenu Musée d’histoire de la France en 1837. Et même plus précisément pour la salle des Croisades pour laquelle ils avaient été commandés à Chaumont et Marquis, bronziers du roi Louis-Philippe, qui les livrèrent en 1840 – on peut d'ailleurs voir deux des lustres in situ sur un tableau de Prosper Lafaye (1806-1883), peint en 1844 et représentant Louis Philippe, la famille royale et le roi Léopold Ier, visitant la grande salle des Croisades du château de Versailles. Juillet 1844.

Aussi ces lustres sont-ils d’une inspiration toute gothique (socles à clochetons, colonne centrale et dais, figures de croisés), alliée à une belle fantaisie décorative (chardons, serpents et dragons ailés). Pourtant si ceux du salon de réception n’arrivèrent à Pau qu’en 1846 après un passage à Versailles, celui du salon d’attente y vint directement dès 1841 et fut alors pourvu d’écus aux armes de Foix, Béarn et Navarre. Les deux grands lustres du salon de réception ont gardé les armes de croisés fameux : on reconnaît ainsi sur le lustre ouest présenté ici celles d’Alphonse de Poitiers, frère de saint Louis, de Thibaut de Champagne, roi de Navarre, qui prit part à la croisade des Albigeois, de Foulques de Villaret, grand maître de l’ordre des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem ; sur le lustre côté est figurent Villiers de l’Ile-Adam, grand maître des chevaliers de Rhodes, le roi de France Philippe Auguste et Archambaud de Bourbon.

Les trois lustres ont été entièrement restaurés entre 2012 et 2015 : ils étaient très fortement empoussiérés, le vernis qui protégeait la dorure à la feuille d’or était en mauvais état ou anciennement décapé (lustre du salon d’attente), quelques cabochons en verre coloré et plusieurs armes des chevaliers (lances, grandes épées et dagues) avaient disparu. Après les opérations de restauration menées par Julie Schröter, les lustres ont retrouvé tout leur éclat. Des copies en résine des cabochons et des armes ont été soigneusement replacées. L’ensemble de ces interventions est parfaitement documenté et entièrement réversible.