"L'air de famille" - Portraits d'enfants de la collection Gramont

Affiche de l'expo - Portrait d'Antoine XIII de Gramont dit "L'enfant au tambour" par Philip Alexius de Laszlo, Paris 1911
Maison Baylaucq
Salles d'exposition en Rez-de-jardin
du 17 février au 21 mai 2017

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Destin d’une collection

Conservée au château de Pau, la collection Gramont réunit un éventail de quelque 186 pièces relevant essentiellement de l’art du portrait et de son évolution du XVIe au XXe siècle, ainsi que divers meubles, monnaies, sculptures reflétant les grandes heures de cette lignée pyrénéenne illustre dans l’histoire, les armes, les lettres et les sciences. En 1992 puis en 1995, en deux séquences chronologiques successives, les expositions Une famille de gouverneurs sous l'Ancien Régime et La Belle époque des Gramont au temps des équipages passaient en revue ce riche patrimoine. Le tout constitue la « collection des souvenirs de famille » qui, réunie au château de Vallière, fut ensuite remise à la Ville de Bayonne, à titre « d’attachement à perpétuelle demeure », par le duc de Gramont, afin d’assurer la pérennité du souvenir de cette ancienne maison dans une ville qui lui est profondément liée. Ce dépôt fut transféré au Musée national du château de Pau en 1991-1992, dans l’attente d’un retour à Bayonne selon une présentation appropriée.

Le portrait, de l’histoire à l’enfance

À compter du 17 février 2017, le Musée national et domaine du château de Pau ouvre les portes de la Maison Baylaucq aux portraits d'enfants qui se signalent dans cet ensemble par une qualité d’approche bien singulière et réservent de très agréables surprises. Un véritable petit corpus tout à la fois original, personnel et profondément marquées par la trajectoire de l’art du portrait d’enfant, de la fin du XVIe siècle à l’Entre-deux-Guerres. Une lecture faite à la lumière de recherches approfondies sur le contexte spécifique de ce fonds, ainsi que des études sur l'enfance qui ont marqué les vingt dernières années, situe ce parcours sous le double signe de l’élégance et de la sensibilité. Une vingtaine de peintures, pastels et souvenirs de famille témoigne, avec une grande force de vérité, du lien privilégié unissant aux artistes la lignée de grands (et grandes) aristocrates qui, le temps d’un portrait, leur confièrent le plus précieux de leurs biens.

Partenaire(s)
Musée Basque et de l'Histoire de Bayonne

Commissaire(s)
Paul Mironneau, conservateur général du Patrimoine, directeur du Musée national et domaine du château de Pau
Olivier Ribeton, conservateur en chef du Musée Basque et de l’histoire de Bayonne et de la collection Gramont
Elisa Fontanelli, Université de Florence, commissaire associée

Avec le concours d’Isabelle Pébay-Clottes et Claude Menges-Mironneau

Contact(s) presse
Virginie Arbouin, chargée de communication

Visiter l'exposition

En visite libre

pour les individuels tous les jours de 13h à 18h (fermé le 1er mai)
pour les groupes ayant réservé tous les jours de 10h à 12h (fermé le 1er mai)

Tarif : gratuit

En visite commentée
(en compagnie d’une conférencière de la Réunion des musées nationaux)
 
A 14h15 lundi 13 mars 2017
A 14h30 mercredi 8 et jeudi 23 mars, mercredi 12 avril, jeudi 4 et mercredi 17 mai 2017
A 15h lundi 6 mars 2017


Durée: 1h
Tarif, renseignements et réservation au 05 59 82 38 02 ou par courriel : reservation.chateau-de-pau@culture.gouv.fr
Attention le billet est à retirer à la billetterie du château le jour même.
 
Autour de l'exposition


Publication

Petits Cahiers du Château de Pau, n° 7

Caractéristiques

Le catalogue de l'exposition « L’air de famille » – Portraits d’enfants de la famille Gramont est édité par la Réunion des Musées nationaux- Grand Palais et le Musée national du château de Pau dans la collection  "Les petits cahiers du château de Pau", dont il constitue le septième volume. La conception graphique est réalisée par Marie Lauribe (Pau).
Il comporte 48 pages, ill. quadrichromie, format 21 x 21 cm, broché, en vente au prix de 10 €.

Sommaire

Avant propos
Marie-Christine Labourdette, directrice des Musées de France

Portraits d'enfants, du sens de la lignée à l'"air de famille"
Paul Mironneau et Olivier Ribeton

La garde de la collection Gramont
Olivier Ribeton

Une visite au château de Vallière à la découverte de portraits d’enfants Gramont
Olivier Ribeton

Un « portraitiste lyrique », Philip Alexius de László (1869-1937)
Elisa Fontanelli

Catalogue des oeuvres exposées à Pau et à Bayonne
Elisa Fontanelli, Olivier Ribeton et Paul Mironneau

Bibliographie générale
 

Les animations familiales

Vacances de février – du 20 au 24 février et du 27 février au 3 mars 2017
a 14h30 pour les 6/10 ans et à 16h pour les 3/5 ans
Tarif, renseignements et réservation au 05 59 82 38 02 ou par courriel :
reservation.chateau-de-pau@culture.gouv.fr


L’éducation artistique et culturelle …
… pour les scolaires


Veux-tu mon portrait ?

Ce projet pédagogique a pour sujets les portraits appartenant aux collections du musée national et dont certains sont présentés dans l’exposition « L’air de famille » - Portraits d’enfants de la collection Gramont. Les élèves sont amenés à s’interroger sur la nature du portrait, la représentation, la symbolique, la matière utilisée... avec pour objectif de créer une œuvre collective et monumentale pour les cycles 2 et 3, ou de réaliser des portraits « à la manière de » pour les classes maternelles. Ces travaux seront présentés à la Maison Baylaucq du 15 au 30 juin 2017.
Renseignements au 05 59 82 38 02
En savoir plus sur la collection Gramont

Le Musée national et domaine du château de Pau ouvre les portes de la Maison Baylaucq aux portraits d'enfants de la collection Gramont qui forment un corpus très original, du XVIe siècle aux années 1920, remarquable tant par le nombre que par la qualité des œuvres. Articulé en trois salles, le parcours de l'exposition explore, sous le double signe de la sensibilité et de l'élégance, trois périodes différentes : l’Ancien Régime, le XIXe siècle, le XXe siècle jusqu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale.

Le destin d'une collection

Conservée au château de Pau, la collection de “souvenirs de famille ” de la maison de Gramont réunit un ensemble d'environ 186 pièces qui relèvent surtout de l'art du portrait et de son évolution du XVIe au XXe siècle, reflétant l'importance de cette famille pyrénéenne dans l'histoire, les armes, les arts, les lettres et les sciences. En dépit des bouleversements de la Révolution, les Gramont avaient pu conserver une part considérable de la collection familiale. Elle se trouvait au château de Vallière à Mortefontaine dans l'Oise et fut remise à la Ville de Bayonne à titre « d'attachement à perpétuelle demeure », en 1986, par le duc de Gramont Antoine XIII. Celui-ci voulait ainsi préserver la mémoire des Gramont de la dispersion et de l'abandon, en faisant le choix d’une ville liée à l’histoire de ses ancêtres. Cet ensemble s'offre donc au public comme une illustration, une véritable galerie, de l'histoire généalogique de la famille.

Une famille illustre

Originairement liés à la vallée inférieure de la Bidouze, où ils jouaient au Moyen Age le rôle de protecteurs des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle, les Gramont ont ensuite étendu leur pouvoir sur le Pays Basque, le Béarn et la Bigorre et construisirent un réseau de châteaux dominant ses territoires, grâce auxquels ils réussirent à se constituer une principauté souveraine : Gramont, Bergouey, Guiche et surtout Bidache.
Au XVIe siècle, Diane d'Andoins, dite Corisande, veuve du comte Philibert de Gramont et amie de Montaigne, devint la maîtresse du futur Henri IV, qu'elle rencontra au château de Pau. Gouverneurs de la capitale béarnaise depuis le début du XVIIe siècle, les Gramont, au service du roi de France, furent assidus à la cour et donnèrent trois maréchaux aux rois de France à partir de Louis XIV.
Après les bouleversement révolutionnaires, à leur retour d’émigration, les Gramont se distinguèrent dans de multiples domaines. Ils poursuivirent leurs carrières dans l’armée et la diplomatie : Antoine X de Gramont fut ministre des Affaires Étrangères de Napoléon III. Mais on les trouve aussi dans le milieu des arts : le comte d'Orsay fut surintendant des Beaux-Arts et sculpteur ; dans celui des lettres : les inestimables Mémoires d’Élisabeth de Gramont constituent un témoignage brillant et lucide sur la haute société de la «Belle Époque» à l’Entre-deux-guerres ; dans celui des sciences, avec notamment l'activité d'Armand de Gramont à l'Institut d'Optique.

Une famille de gouverneurs sous l'Ancien Régime

La lignée des Gramont peut s’enorgueillir d'une longue histoire et d'un destin national. Après l’accession d'Henri IV au trône de France, placés au carrefour des royaumes de Navarre et de France, exercent la fonction de gouverneurs du Béarn et de la ville de Bayonne, site stratégique de la plus grande importance face à l'Espagne. Antoine II-Antonin (1572-1644) reçut le titre de duc en 1643. Son fils, Antoine III (1604-1678), protégé successivement par Richelieu et Mazarin, fut ambassadeur à Madrid et le premier des trois maréchaux de la famille. Il écrivit d’intéressants Mémoires publiés par son fils, Antoine IV-Charles (1647-1720). Antoine V (1672-1725), mousquetaire à l'âge de treize ans, devint colonel général des Dragons, ambassadeur à Madrid et enfin maréchal de France. Son fils cadet Louis (1689-1745) hérita du titre de duc de Gramont à la mort de son frère aîné Antoine IV et combattit comme officier général pendant la guerre de succession d'Autriche.

A la cour aussi, où ils détenaient héréditairement l’une des toutes premières charges, celle de colonel des gardes françaises, les Gramont jouèrent un rôle des plus brillants. Sous le règne de Louis XIV, la famille fit édifier un hôtel sur la place d'armes du château de Versailles, d’après des plans de Le Vau, et acquit plusieurs hôtels à Paris, dont le célèbre hôtel de Gramont (aujourd'hui le Ritz). Cela n’empêcha pas les Gramont de rester très attachés à leurs origines pyrénéennes, séjournant régulièrement à Pau, à Bayonne, dont ils furent gouverneurs jusqu’en 1789, ainsi que dans leurs châteaux, qu'ils embellirent : Séméac, surnommé le “petit Versailles de la Bigorre”, et surtout Bidache qui fut détruit en 1796.

La période révolutionnaire en effet n’épargna pas ces grands serviteurs de la monarchie : la duchesse de Gramont, Béatrix de Choiseul, fut guillotinée en 1794, d’autres membres de la famille durent émigrer. Objets et portraits furent dispersés, perdus ou sauvegardés, selon les caprices du destin.

Entre politique et arts, les Gramont au XIXe siècle

La Révolution n'a pas clos l'histoire des Gramont. Durant tout le XIXe siècle, ils s'illustrent dans la politique et les arts et occupent une place éminente dans la société française, par leur notoriété et leur richesse. Après l'exil révolutionnaire, Antoine IX (1789-1855), surnommé Agénor par la reine Marie-Antoinette, embrasse la carrière militaire. De son mariage en 1818 avec Ida d'Orsay (1802-1882), naquit un fils, le futur Antoine X-Agénor (1819-1880). La révolution de Juillet 1830 devait provoquer un nouvel exil de cette famille.

Le portrait au pastel du frère d'Ida, Alfred d'Orsay (1801-1852) figure dans l’exposition ainsi que celui de son demi-frère, le jeune marquis de Pompignan. Alfred d’Orsay fut un dandy fameux et l'un des protagonistes de la haute société tant londonienne que française. Après avoir parcouru l'Europe, il se fixa au château de Chambourcy avec lady Blessington et y vécut de son talent de sculpteur. Parmi les œuvres réunies dans le salon d'Orsay du château des Gramont à Vallière, plusieurs sculptures d’Alfred étaient rassemblées : un buste en marbre de sa nièce, Antonia Albertine  Corisande de Gramont, un reliquaire de la main et du pied de son autre nièce Antonia Armandine Aglaé Ida à l'âge de huit mois, le profil de lady Blessington et un portrait en plâtre du prince Louis-Napoléon, futur Napoléon III, qui le nomma surintendant des Beaux-Arts.

Antoine X-Agénor, ambassadeur de France à Turin, Rome puis Vienne, fut l’un des principaux témoins et acteurs des événements qui menèrent à la guerre de 1870. Lui succéda son fils Antoine XI-Agénor (1851-1925), qui épousa en secondes noces Marguerite de Rothschild. Ils firent construire le splendide château de Vallière où grandirent leurs enfants : Antoine XII-Armand, Corisande et Louis-René.
C’est dans cette immense propriété, qui devait voir passer le jeune Marcel Proust, qu’en 1902, le peintre hongrois Philip Alexius de László peignit pour le duc deux grands groupes de famille à la manière des grands portraits anglais, premières des nombreuses œuvres que l'artiste réalisera pour la maison de Gramont.
 
Philip de László, un « portraitiste lyrique »

Dans leur volonté de créer une véritable galerie de portraits de famille, les Gramont firent appel à de nombreux artistes, des portraitistes fameux, Helleu, Blanche, Boldini, ou encore Winnaretta Singer, qui peignit Claude de Gramont à trois ans, et Louise Abbéma, qui réalisa le portrait du jeune Guilhem de Gramont. Mais un peintre tient une place particulière dans les premières décennies du XXe siècle : Philip Alexius de László (1869-1937).

Délicat artiste de la Belle Époque, László fut l'un des portraitistes favoris de l'aristocratie européenne. Il étudia à Budapest, sa ville natale, à Munich et à l'Académie Julian à Paris. C’est à partir des années 1890, qu’il commença à recevoir des commandes de portraits d’importantes personnalités en Allemagne et dans l'Empire austro-hongrois. Se faisant alors une véritable spécialité du portrait mondain, László devait exposer régulièrement au Salon de Paris. L'artiste fut recommandé par le baron de Berckheim au duc de Gramont, qui devint l’un de ses principaux commanditaires : László devait peindre trois générations de Gramont entre 1902 et 1931, soit environ vingt portraits. Après avoir réalisé deux grandes compositions de famille pour le château de Vallière, (Marguerite de Rothschild, Armand et Corisande ; Elisabeth, Louis-René et le duc Agénor), il noua des relations d’amitié avec Armand de Gramont. Dans l’atelier que ce dernier lui prêtait, dans son hôtel de l’avenue Henri-Martin, l'artiste réalisa des portraits de toute la famille d’Armand, notamment ses cinq enfants : Antoine, Jean, Henri, Charles et Corisande, ansi que de nombreux membres de la bonne société parisienne.

Peintre officiel « des sommités d'Europe et des grands de la terre » entre capitales européennes et états-Unis, László reçut des distinctions internationales et son talent fut couronné par l'Empereur François Jospeh, qui l’annoblit en 1912. Influencé par les grands maîtres, Van Dyck, Vélasquez, Reynolds, Gainsborough, bien éloigné des avant-gardes artistiques de son temps, il combina toutefois portrait traditionnel et vision intimiste moderne, qui lui valut le qualificatif de « portraitiste lyrique » de la part du critique d'art et  dandy, Robert de Montesquiou.