Petites histoires du château de Pau

Dans les coulisses du château

 

Le séjour mouvementé de Marguerite de Valois


Il ne fait pas bon être catholique en Béarn en 1579. C'est en tout cas l'impression que Marguerite de Valois, dite la Reine Margot, retire de son court séjour au château de Pau. Arrivés le dimanche 24 mai, les souverains de Navarre font leur entrée solennelle dans la capitale du Béarn. C'est la première fois que Marguerite découvre la vicomté et sa capitale..., ce sera la dernière. Après un début de séjour agréable, où une cour nombreuse et élégante anime le palais, se produit un fâcheux incident qui marque tant la reine de Navarre qu'elle le relatera dans ses Mémoires : le 7 juin, jour de la Pentecôte, alors qu'elle assiste à la messe qu'elle est seule autorisée à faire célébrer dans le château de Pau, des habitants de Pau s'introduisent dans le palais pour pouvoir assister à leur culte, interdit en Béarn depuis 1571. Averti, le secrétaire du roi de Navarre les fait arrêter dans la chapelle même, en présence de la reine. Il les met en prison, dont ils ne peuvent sortir que contre une grosse amende. Marguerite de Valois est offensée ; furieuse elle se plaint à son royal époux, qui préfère aller chasser dans les environs et laisser passer l'orage... Mais, à Pau, une autre affaire, de cœur cette fois, empoisonne les relations des deux époux : Henri de Navarre tombe éperdument amoureux d'une demoiselle d'honneur de Marguerite, Mlle de Rebours, qu'il cajole avec force sucreries. C'en est trop pour la reine qui exige de repartir à Nérac, dont elle apprécie le séjour.

Marguerite de Valois écrit dans ses Mémoires, qu'elle "jura et protesta qu'elle ne mettrait jamais le pied" en Béarn ni dans "ce petit Genève de Pau". Elle tint parole !

Les peines de cœur de Catherine de Bourbon


La raison d'Etat ne fait jamais bon ménage avec les histoires de cœur, même sous le règne du Vert Galant... Sa sœur Catherine de Bourbon en fait la triste expérience au château de Pau. La princesse est alors en charge du Béarn, dont elle assume la régence au nom de son illustre frère. Elle réside principalement au château de Pau. C'est là que son cousin Charles de Bourbon, comte de Soissons, ancien compagnon d'armes d'Henri IV, vient la retrouver au printemps 1592. Catherine, très éprise, a décidé de passer outre l'opposition du roi et d'épouser celui qu'elle aime. Peut-être Diane d'Andoins, dite Corisande, maîtresse quelque peu délaissée d'Henri IV, n'est-elle pas pour rien dans cette décision hardie. Henri IV, qui en est persuadé, lui en gardera rancune. Car on ne désobéit pas au roi de France, fût-on de sa famille. Le 6 avril, le président du Conseil souverain de Béarn reçoit un billet sans équivoque : le roi lui ordonne de faire cesser cette situation, sous peine d'y perdre la vie. Le soir même, le magistrat fait cerner le château, adresse des remontrances à la princesse et fait arrêter le comte de Soissons, qui est consigné dans sa chambre, dont les fenêtres sont pourvues de barreaux et la porte de verrous. Quelques mois plus tard, la princesse quitte pour toujours le château de Pau et le Béarn pour regagner la cour de France. De cet événement est née une légende paloise, celle de la fontaine aux cent écus.