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Programmation culturelle

De juin à septembre 2017

Programmation culturelle

Programmation culturelle

Publié le 24 Mai 2017
Retrouvez la programmation culturelle du musée et du domaine couvrant la période du 1er juin au 30 septembre 2017.

Depuis ce printemps et jusqu’au 9 juillet prochain, les visiteurs du château de Pau sont conviés à la découverte, parfois surprenante, des richesses d’art et de culture qui furent celles  des rois et reines de Navarre, au XVIe siècle, quand ceux-ci tenaient leur cour en leurs demeures de Nérac et de Pau . Outre les trésors retrouvés et admirés de gemmes, orfèvrerie, émaillerie, enluminure, broderies et tapisseries dont cette exposition offre un aperçu, parmi les mille raffinements de ce foyer intellectuel florissant, il faudrait aussi compter la musique. À la fin du XVe siècle, le jeune François Fébus fut un éphémère roi de Navarre « addonné à toutes les gentillesses » et qui « se delectoit principalement a la musique et aux instruments esquels il s’etoit rendu parfaict ». Tant et si bien que l’infortuné jeune homme, un soir de janvier 1483, « ayant apres disner pris une fluste pour s’esbatre », s’écroula foudroyé par le poison perfidement appliqué sur le bec de l’instrument… C’était au château de Pau.
L’apprentissage et le goût de la musique ne sauraient se résumer à des histoires tragiques : ils procurent au prince sûreté, délassement, lui enseignent mesure et concentration, lui inspirent une harmonie, qui, en bref, concourt à l’art de gouverner. Entre 1559 et 1571, les comptes de Jeanne démontrent que la musique entre dans la formation des enfants royaux, le futur Henri IV et sa sœur Catherine de Bourbon, le défilé des instruments (mandore, épinette, luth, violon, guitare, viole de gambe, cornet à bouquin) nous laissant deviner une pratique régulière et assidue. Quelques années se passent, Henri et Catherine ont fait leur profit de cette éducation. La très huguenote sœur du roi danse toujours avec passion et suscite la représentation de ballets de cour à Pau, à Paris, à Nancy. Et c’est aux noces par procuration d'Henri IV avec Marie de Médicis, à Florence, en octobre 1600, qu'est donnée l'Euridice de Rinuccini, premier opéra supposé de l'histoire...

Tout concourt donc à proposer aux publics du château de Pau un vaste éventail de rencontres et d’événements musicaux. La Renaissance française y retrouve l’ampleur de ses plus illustres moments avec la Messe du camp du Drap d’or de juin 1520, qui sera donnée à la cathédrale de Lescar grâce à l’ensemble Doulce Mémoire. Les pratiques individuelles et collectives de la cour de Navarre répondent aussi à des inflexions plus intimes, à un apprentissage en petit comité du répertoire profane et religieux, de l’air de cour au psaume français. Tel est bien l’objectif de la master classe organisée autour de Michel Laplénie et Georgie Durosoir au cours du mois de juillet et des concerts publics destinés à faire connaître les résultats de cette recherche placée sous le signe des petits cénacles, des cercles parfois obscurs, partie prenante d’une remarquable vitalité de l’air dit de cour à la française, à l’aube de l’âge baroque.
Il resterait sans doute à exprimer comment les grands concerts classiques de l’été célèbrent à leur façon les fastes de la cour de Navarre : ils le feront avec éclat dans la conviction que la musique est d’abord un fil d’or, ce lien intrinsèque qui unit les générations, les styles et les formes les plus divers dans un même espoir, une même exigence, un même tribut de reconnaissance à la beauté qui nourrit l’homme, le réconforte et l’émerveille.

Edito de Paul Mironneau
Conservateur général du Patrimoine
Directeur du Musée national et domaine du château de Pau